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"À rebours" par Huysmans (édition originale)

A travers Des Esseintes, le héros d’À rebours, roman de 1884, Joris-Karl Huysmans témoigne de son admiration pour Mallarmé dont il cite des vers d’Hérodiade et de L’Après-midi d’un faune. La correspondance du poète révèle que cet ouvrage l’a subjugué.

Mallarmé et Huysmans



Dans À rebours, Des Esseintes hume « avec joie » les poèmes de Mallarmé. Une lettre de Stéphane Mallarmé à Joris-Karl Huysmans du 12 mai 1883 montre que le poète a suivi la genèse de l’œuvre.
Après la parution du livre, Mallarmé félicite Huysmans dans une lettre du 18 mai 1884 : « Le voici ce livre unique qui devait être fait ».
Pour remercier Huysmans, il publie dans La Revue indépendante de janvier 1885 son poème Prose pour des Esseintes.

La comparaison avec Gustave Moreau

Dessin Félix Bracquemond, Le Songe d’un habitant du Mogol

Félix Bracquemond,
Le Songe d’un habitant du Mogol,
d’après Gustave Moreau,
Coll. MDSM, Vulaines-sur-Seine
© Yvan Bourhis

Dans son livre, Huysmans rapproche les œuvres de Gustave Moreau et de celles de Mallarmé. Pour lui, l’Hérodiade de Mallarmé donne la parole à l’héroïne du tableau de Moreau : « Invinciblement, il levait les yeux vers elle, la discernait à ses contours inoubliés et elle revivait, évoquant sur ses lèvres ces bizarres et doux vers que Mallarmé lui prête».
Aucun témoignage n’indique que Mallarmé et Moreau se connaissaient mais ils ont été souvent comparés, tous deux apparaissant comme les chefs de file du Symbolisme.
Mallarmé a d’une certaine façon fait rentrer Gustave Moreau chez lui, par le biais de la gravure de Félix Bracquemond d’après Gustave Moreau, Le Songe d’un habitant du Mogol, que le graveur a sans doute offerte à Mallarmé.