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Fermeture du musée
Le musée Stéphane Mallarmé est actuellement fermé au public. Réouverture du 2 mai au 14 juillet 2026. Réservation pour les groupes toute l'année sous réserve de disponibilité par mail ou par téléphone.
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Attiré très tôt par le milieu symboliste, Claude Debussy découvre Stéphane Mallarmé avec le poème Apparition dont il livre une composition en 1884. En 1887, les deux hommes se rencontrent à l'occasion d’un mardi littéraire chez le poète, qui profite du moment pour demander au compositeur d’illustrer son projet théâtral autour du faune.
Le projet n’aboutit pas mais Debussy poursuit son travail et achève la partition en 1894 qu’il intitule Prélude à l’Après-midi d’un faune. Il invite alors le poète à l’entendre chez lui au piano : « Mallarmé vint chez moi, l’air fatidique et orné d’un plaid écossais…après avoir écouté, il resta silencieux un long moment et me dit :
Je ne m’attendais pas à quelque chose de pareil ! Cette musique prolonge l’émotion de mon poème et en situe le décor plus passionnément que la couleur….
L'œuvre finale compte 110 mesures, soit autant d’alexandrins qu’en contient le poème dont elle est inspirée, L'Après-midi d'un faune de Stéphane Mallarmé. Debussy écrit cependant dans le programme du concert : « La musique de ce Prélude est une très libre illustration du beau poème de Mallarmé. Elle ne désire guère résumer ce poème, mais veut suggérer les différentes atmosphères, au milieu desquelles évoluent les désirs, et les rêves de l'Egipan, par cette brûlante après-midi. Fatigué de poursuivre nymphes craintives et naïades timides, il s'abandonne à un sommeil voluptueux qu'anime le rêve d'un désir enfin réalisé : la possession complète de la nature entière ».
Lors de la première qui se déroule à Paris, le 22 décembre 1894 à la Société nationale de musique, le Prélude remporte un tel succès que le chef d'orchestre, Gustave Doret, doit le faire jouer une seconde fois. Néanmoins l'accueil de la presse est plus mitigé car Debussy invente ici un nouveau langage musical libéré des codes traditionnels, au point que pour les historiens de la musique, la première du prélude marque symboliquement le début de la musique dite « moderne ». Cette mélodie est aujourd'hui considérée comme l'une des créations les plus célèbres du compositeur ainsi que le plus bel exemple de musique impressionniste.
En effet, la musique de Debussy est marquée par la volonté de concevoir un esthétisme musical résolument moderne grâce à une conception originale de l’harmonie et de la rythmique, enrichie par de nouvelles influences musicales venues d'Extrême-Orient. En 1912, le ballet L’Après-midi d’un faune chorégraphié et dansé par le grand Vaslav Nijinski sur le prélude de Debussy, provoque une nouvelle révolution artistique, cette fois dans l’univers de la danse.
L'année suivante, malgré la disparition du poète survenu en 1898, Debussy continuera à mettre ses vers en musique, comme en 1913 où il imagine une nouvelle création musicale Trois Poèmes de Mallarmé, à partir des poèmes Soupir, Placet futile et Autre éventail de Mademoiselle Mallarmé.
En parallèle, le musicien séjourne régulièrement au domaine de Bel-Ébat à Avon, propriété de son ami l’éditeur de musique Jacques Durand, situé à quelques kilomètres de l'ancienne maison du poète à Valvins.